Est-il haram de s’épiler le monosourcil ? Verdict islamique et avis des savants
Non, épiler le monosourcil est permis tant qu’on ne touche pas au sourcil lui-même.
- Taroupe permise : les poils entre les sourcils peuvent être retirés.
- Sourcil protégé : le rasage ou l’affinage relève du namas interdit.
- Retirer le surplus : on enlève uniquement la jonction des deux arcades.
- Poils superflus : le namas ne s’applique pas à cette zone.
- Comités de fatwa : le Comité permanent et islamweb l’autorisent.
- Homme et femme : la règle s’applique de la même manière.
Épilation du monosourcil en Islam : le verdict
La réponse courte est nuancée : tout dépend de la zone exacte que vous souhaitez épiler. La taroupe (poils entre les sourcils) bénéficie d’une permission, tandis que le sourcil lui-même reste protégé par l’interdiction du namas.
- Rasage total interdit : retirer entièrement le sourcil relève du namas condamné par le hadith.
- Épilation partielle interdite : l’école majoritaire assimile l’affinage du sourcil à une modification de la création.
- Taroupe permise : les poils qui joignent les deux sourcils peuvent être retirés sans blâme.
- Monosourcil : retirer le surplus : on enlève uniquement la jonction, sans toucher au corps du sourcil.
- Hadith : malédiction des épileuses : le Prophète a maudit celles qui épilent et se font épiler.
- Exception : poils entre sourcils : le namas ne s’applique pas à cette zone, car elle n’est pas un sourcil.
Le point central à comprendre est que le monosourcil n’est pas un sourcil unique au sens juridique. Les poils qui relient les deux arcades sont considérés comme une excroissance indépendante, distincte du sourcil lui-même.
Cette distinction explique pourquoi la plupart des comités de fatwa autorisent leur retrait : aucune modification du sourcil n’a lieu, on se limite à supprimer un poil superflu qui gêne l’apparence.
Le critère décisif reste donc la limite visuelle du sourcil naturel. Tant que l’épilation s’arrête à cette frontière, elle entre dans l’exception. Dès qu’elle mord sur l’arcade, elle tombe sous l’interdiction du namas.
Épilation des poils entre les sourcils (taroupe)

La taroupe désigne les poils qui relient les deux sourcils et forment le monosourcil. Dans le vocabulaire juridique arabe, le terme namās englobe l’épilation, mais les savants précisent que ces poils situés entre les sourcils ne relèvent pas de la même interdiction.
Le Comité permanent de la consultation juridique et le site islamweb autorisent explicitement leur épilation. La règle s’applique de la même manière à la femme et à l’homme, selon Ferkous. Ce retrait est perçu comme une correction d’une gêne esthétique, non comme une modification de la création.
Cette exception explicite distingue donc la taroupe du reste des sourcils : retirer ces quelques poils reste permis, contrairement au rasage ou à l’affinage des sourcils eux-mêmes.
Modification de la création d’Allah
Le fondement de l’interdiction repose sur le hadith d’Ibn Mas’ud rapporté dans les recueils authentiques : le Prophète a maudit les maquilleuses et les épileuses qui modifient la création d’Allah. Ce texte vise toute altération de l’apparence naturelle sans nécessité.
Toutefois, les savants distinguent les sourcils des autres poils. Le monosourcil et la taroupe naissent entre les deux sourcils et ne font pas partie intégrante du sourcil lui-même. C’est cette distinction qui fonde l’exception, rappelée par Islam Q&R et la majorité des oulémas.
L’argument de la modification ne s’applique donc pas aux poils inter-sourciliers. Sheikh Ibn Outhaymine confirme que l’interdiction concerne le namas sur les sourcils, non les poils annexes. L’esthétique reste permise tant qu’aucun sourcil n’est altéré.
Avis des savants et du Comité de l’Ifta
Le Comité permanent de la consultation juridique (Al-Lajnah ad-Da’imah) a rendu une fatwa autorisant l’épilation des poils entre les sourcils, la taroupe, lorsqu’elle incommode la personne. Cette position rejoint celle d’Islamweb, qui adopte également la permission pour ces poils précis.
Cheikh Ibn Outhaymine, de son côté, classe l’épilation des sourcils dans le namas interdit par le hadith. Il vise surtout le rasage ou l’amincissement de la ligne naturelle du sourcil, et non le poil isolé qui relie les deux arcades.
La Dar al-Iftaa d’Égypte consacre une page aux sourcils et distingue clairement le poil superflu de la structure du sourcil. Cheikh Ferkous précise que le jugement est identique pour la femme et l’homme concernant la taroupe : retirer ce poil gênant reste permis sans toucher au sourcil lui-même.
Divergences entre oulémas sur le monosourcil
Le monosourcil ne fait pas l’unanimité parmi les savants. La divergence ne porte pas sur le principe général les sourcils eux-mêmes ne se rasent pas mais sur la question précise : les poils qui relient les deux sourcils font-ils partie du sourcil ou non ?
Les écoles juridiques et les instituts de fatwa adoptent majoritairement la permission pour la taroupe, tandis que certains savants, dont Ibn Outhaymine, se montrent plus restrictifs sur l’épilation partielle. Pour un débutant, retenir ceci suffit : la gêne esthétique n’est pas en soi un argument d’interdiction, mais elle n’est pas non plus une autorisation automatique.
Position d’Ibn Outhaymine sur l’épilation partielle
Le cheikh Ibn Outhaymine range l’épilation des sourcils sous le terme de namas, qu’elle soit totale ou partielle. Pour lui, retirer ne serait-ce que quelques poils du sourcil relève de la modification de la création d’Allah condamnée par le hadith d’Ibn Mas’oud.
Sa position est donc stricte : si vous épilez la partie qui vous semble appartenir au sourcil même légèrement vous tombez dans l’interdit selon son avis. C’est cette rigueur qui explique la prudence de nombreux internautes.
Position majoritaire : permission de la taroupe
À l’inverse, Islamweb, le Comité permanent de la consultation juridique et des savants comme Ferkous autorisent l’épilation des poils situés entre les deux sourcils. Ils distinguent clairement le sourcil (interdit à l’épilation) de la taroupe (permise), homme ou femme.
Cette divergence illustre pourquoi il est essentiel de vérifier la nature exacte du poil avant d’agir : un poil sur l’arc du sourcil n’a pas le même statut qu’un poil au centre du front.
